Mai
31
2013

La sobriété dans l’islam

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Les caractères de cette religion de droiture:

1-Elle se distingue par la divinité de sa méthode, de sa visée et de son système.
2-Elle se distingue par l’humanité de son aspect.
3-Elle englobe tout lieu et toute période.
4-Elle convient à tout lieu et à toute période.
5- Cette religion de droiture est effective, au sens qu’elle n’admet point la réalité déplorable mais la fait évoluer suivant des outils réalistes.
6- Cette religion de droiture est évidente, nulle personne ne peut en dévier hormis les gens égarés.
7-Elle joint la constance à l’évolution d’une façon prodigieuse.
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8- La sobriété ou l’équilibre est le caractère le plus éminent de cette religion de droiture. Notre discours portera sur les différentes significations de la sobriété et de la pondération dans l’Islam, du point de vue son aspect dans la doctrine, dans la méthode, dans les adorations, dans les traitements, dans la morale ainsi que dans les réglementations.



La définition de la sobriété de l’islam:

Chers croyants, la sobriété de cette religion de droiture signifie la pondération et l’équilibre entre deux parties opposées ou antagonistes où aucune des deux parties ne fait cavalier seul dans son influence ni ne tient l’autre à l’écart ; où aucune des deux parties ne s’empare d’un droit aux dépens
De l’autre partie pour la mettre au pied du mur, au sens que l’Islam n’admet ni l’extravagance ni le gaspillage ; ni l’excès ni la défaillance ; ni le despotisme ni le libéralisme ; ni l’abus ni la dépréciation ; mais tout le monde acquerra son droit suivant une balance équitable.

La sobriété de l’islam entre:

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L’Islam chers frères, constitue la pondération entre un matérialisme exécrable et une spiritualité rêveuse
Entre une réalité fielleuse et un idéalisme fictif
Entre un individualisme tyrannique et un collectivisme écrasant
Entre une constance uniforme et une évolution troublée ; entre des exigences urgentes et des valeurs lointaines
Entre un rationalisme insensible et un tempérament émotif fervent et enfin, entre les plaisirs du corps et les aspirations de l’âme.
La sobriété de l’Islam provient des Paroles d’Allah, exalté soit-Il :

(Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous)

[Al-Baqara (La Vache) : 143]

Les sens de la sobriété:

1-L’équité:

L’équité n’est qu’une médiation entre deux parties antagonistes et en conflit sans prendre parti à l’une d’elles; l’équité consiste à donner son droit à tout ayant-droit sans ingratitude ni persécution. Les oulémas ont interprété les Paroles d’Allah, exalté soit-Il :

(Le plus juste d’entre eux dit: «Ne vous avais-je pas dit: Si seulement vous avez rendu gloire à Allah!»)

[Al-Qalam (La Plume) : 28]

Le plus juste signifie le plus équitable parmi eux ; car le juste occupe le milieu, et le milieu d’un cercle en forme son centre ; dans un deuxième temps, la modération qui est placée au milieu entre deux points opposés, a été utilisée en allégorie pour déterminer les qualités louables de l’humanité, puisque ces qualités se posent au centre des caractères vicieux ; le courage à titre d’exemple, est placé entre la lâcheté et l’extravagance.

2- La droiture de la méthode et l’éloignement de l’inclination et de la déviation:

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« Le chemin direct, selon les dires de l’un des interprètes, est placé au milieu d’un nombre de chemins déviés et éloignés du but visé. À supposer plusieurs lignes situées entre deux points opposés, il apparaît que la ligne droite est celle placée entre différentes lignes courbes ou obliques. Cette ligne droite est
la plus brève et conduit droit au but ». Le Musulman sollicite Allah de le guider sur le droit chemin au moins dix-sept fois par jour, en récitant sourate Al-Fâtiha (Prologue Ou Ouverture) :

(Guide-nous dans le droit chemin, (6) le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés (7))

Ceux qui ont encouru la colère d’Allah, exalté soit-Il, sont ceux qui sont sortis du sens commun et ont eu recours à l’extravagance alors que les égarés sont ceux qui ont tout gaspillé (NDT : leur temps, leurs forces et leurs dons). Ceux qui ont encouru la colère d’Allah, exalté soit-Il, sont ceux qui ont pris connaissance de la vérité et en ont dévié mais les égarés sont ceux qui, part leur ignorance, se sont écartés du droit chemin.

3- La sobriété signifie la bienveillance, le mérite et la distinction dans les questions concrètes et abstraites:

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Le meilleur anneau d’un collier est celui placé au milieu et le chef d’un groupe prend place au milieu de ses sujets. Quant aux questions conceptuelles, on trouve que la pondération est meilleure que l’extrémisme. Les Arabes ont jadis dit : (la pondération est la meilleure position à prendre pour toutes les questions) ; un des sages a dit : (la vertu est une attitude pondérée située entre deux vices). Ibn Khathir a dit dans l’interprétation des Paroles d’Allah, exalté soit-Il :

(Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes…] « …de justes »)

Signifie les meilleurs ; on dit que les Quraychites sont au centre des Arabes du point de vue liens de parenté, c’est-à-dire qu’ils sont les meilleurs par rapport à tous les Arabes. Le Messager d’Allah (BPSL) occupe le centre par rapport à sa tribu veut dire qu’il occupe le rang le plus noble parmi eux ; de même la Salât médiane est la meilleure de par son mérite au niveau des Salâts.
L’Islam comprend trois aspects : intellectuel, psychique et comportemental, lorsqu’un de ces aspects dépasse les limites raisonnables dans son évolution, on obtient un trouble dans l’équilibre des deux autres aspects, à ce moment-là on a affaire à l’extrémisme. Mais lorsque ces trois aspects se développent d’une façon équilibrée et réservée, à ce moment-là on est témoin de prééminence. Or, nous aspirons à la prééminence dans l’Islam, non à l’extrémisme.

4- La sobriété représente la sécurité et l’écart de tout péril :

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Les membres du corps humain sont d’habitude exposés au danger et à la corruption contrairement au corps qui est abrité ; la pondération incarne la sécurité et la stabilité alors que l’extrémisme est un excès, une déviation du droit chemin et une dépravation. La pondération représente la force et le milieu symbolise le centre de la force. L’effet de l’embrasement et de la chaleur du soleil n’atteint son apogée qu’en plein midi lorsque le soleil s’installe au milieu de la voûte céleste ; de même pour l’être humain, c’est dans sa jeunesse qu’il jouit de fraîcheur, d’éclat et de robustesse, cette jeunesse se trouve entre la faiblesse de l’enfance et l’impuissance de la vieillesse.

5- La sobriété représente le point de l’unité et le centre de la rencontre:

La sobriété représente la force dans tout acte et le point de rencontre de tous les points divergents qui vont se divisant à l’infini. De même, toutes les idées extrémistes peuvent se rencontrer à un certain moment avec l’idée modérée ; par conséquent, la pondération et l’équilibre sont la voie à l’unité intellectuelle et son centre. À savoir que les idées extrémistes ouvrent largement la voie à la fission et à la discordance au sein de la même communauté au moment où les doctrines modérées fondées sur le Coran et la Sunnah Prophétique échouent à les provoquer.

Les aspects de la sobriété dans l’islam:

1-Dans la doctrine:

1- l’Islam est à mi-distance de la conviction des mythiques qui croient à tout ce qui parvient à leurs oreilles et ont foi en toute démonstration et de celle des matérialistes qui réfutent tout ce qui dépasse les sensations ainsi qu’ils refusent d’écouter la voix de l’instinct, l’appel de la raison et l’évidence du prodigieux. L’Islam invite à la croyance et à avoir foi en tout ce qui est justifié par une preuve tranchante et un témoignage indéniable ; l’Islam considère que la conviction perceptible, celle fondée sur le raisonnement et celle fondée sur la chronique ne sont que des voies incontestables qui mènent à la foi et refusent tout ce qui dépasse l’évidence et rejoint les illusions
2-L’Islam est en position intermédiaire entre ceux qui considèrent que l’univers incarne l’existence réelle, que tout ce qui ne peut être perçu à l’œil nu fait partie du mythe et de l’illusion et entre ceux qui considèrent que l’univers n’est qu’une chimère fictive, et un mirage dans une plaine désertique que l’assoiffé prend pour de l’eau. L’Islam quant à lui, considère l’univers en tant que réalité ; plus même, il passe au-delà de cette vérité à une autre plus grande : il passe de l’univers à Celui qui l’a créé, de l’ordre à Celui qui l’organise, des formes à Celui qui les créé, du processus à Celui qui le développe, de l’éducation à Celui qui éduque. L’univers est une réalité et une évidence qui nous font passer à une vérité plus grande, qui démontrent que cet univers a un Créateur, un Éducateur, un Organisateur, Omniprésent, Unique et Parfait.
3- L’Islam est pondéré en ce qui concerne les Prophètes (paix sur eux). Ils sont des êtres humains comme nous, ils mangent à leur faim, se déplacent dans les souks ; la plupart d’entre eux ont des conjointes et des progénitures mais ils occupent la première place en ce qui concerne leur connaissance de leur Créateur, leur obéissance absolue à leur Seigneur et leur loyauté. Allah, exalté soit-Il, les a sélectionnés, les a purifiés, les a préservés du péché, les a privilégiés par la Révélation, les à soutenus par les prodiges. Telle est la perspective de l’Islam à l’égard des Prophètes (Paix sur eux).

Dans la méthode de la recherche:

L’Islam se place au milieu entre ceux qui ont la conviction que la raison est le seul instrument qui aide à prendre connaissance des réalités de l’existence et ceux qui ne croient que par la voie de l’inspiration ou de l’illusion, qui annulent le rôle de la raison dans la réfutation ou la confirmation. L’Islam par contre, décide que la religion est à l’origine une inspiration et une transmission laquelle constitue le processus le plus grave quant à la sincérité des informations transmises, c’est pourquoi il incombe à la raison d’effectuer une double mission concernant la transmission : celle de l’assertion de l’exactitude de la transmission ainsi que celle de la bonne interprétation de la transmission en tant que préparation à son application. C’est par la raison qu’on parvient à la croyance flagrante en Allah, exalté soit-Il. C’est par la raison qu’on a une foi indéniable au Coran persuasif à travers son caractère inimitable. C’est par la raison qu’on a une foi incontestable au Prophète (BPSL) à travers le Coran. À cette étape, le rôle de la raison dans la prospection s’arrête pour commencer un nouveau cycle, celui de la réception en guise de confirmation et de discernement. Les réalités au devant desquelles la raison s’est avérée être impuissante à saisir, et ce, faute d’empreintes évidentes, la raison les recueille par l’inspiration sans aucun jugement. Telle est la sobriété de l’Islam dans le processus de réception.

Dans les adorations et les interactions:

L’Islam garde un juste milieu en ce qui concerne les cultes qu’il a imposés. .Les cultes religieux dans l’Islam sont restreints, concevables et justifiés par les intérêts de la morale. Par ailleurs, les cultes religieux sont en étroite relation avec le comportement, autrement dit, celui dont la Salât ne préserve pas de la turpitude et du blâmable n’aura pas accompli le culte de la Salât ; celui qui ne s’abstient pas de dire des paroles mensongères et de mal agir n’aura pas accompli le culte du jeûne ; celui qui aura accompli les rites du hajj avec de l’argent provenant d’une voie illicite s’entendra dire au moment de la Talbiya : ((Je ne répondrai pas à ton appel, tu n’es pas à Mon service et ton hajj est réfuté)). Allah, exalté soit-Il, n’admet jamais qu’on dépense de l’argent pour obtenir Son agrément tout en commettant des actes pervers. Deux Rak’âts accomplies avec humiliation et dévotion sont meilleures que mille autres accomplies par une personne qui a mêlé les bonnes actions aux mauvaises. Le fait de délaisser un dirham provenant d’une voie illicite vaut mieux que d’accomplir 80 pèlerinages. Celui dont la piété et la dévotion ne détournent pas des péchés quand il se trouve seul, Allah lui refusera toute adoration et toute bonne œuvre ; au sens que l’Islam est à la fois, une adoration et une œuvre, une adoration acceptée qui repose sur une bonne œuvre et une œuvre vertueuse qui part d’une adoration menée à la perfection.
En effet, Allah, exalté soit-Il, dit à propos du comportement et de la conduite entre les gens :

(Et qui, atteints par l’injustice, ripostent)

[Aš-Šūrā (La Consultation) : 39]

Il, exalté soit-Il, dit également :

(La sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action [une peine] identique. Mais quiconque pardonne et réforme, son salaire incombe à Allah. Il n’aime point les injustes!)

[Aš-Šūrā (La Consultation) : 40]

Et :

(Et si vous punissez, infligez [à l’agresseur] une punition égale au tort qu’il vous a fait. Et si vous endurez… cela est certes meilleur pour les endurants)

[An-Nahl (Les Abeilles) : 126]

À noter à travers ces versets, que celui qui commet une mauvaise action doit forcément en payer le prix, alors que l’ayant-droit a libre choix de pardonner. L’équité est coercitive alors que le pardon et la bienveillance sont délibérés.

Dans les mœurs:

L’Islam occupe une place pondérée entre les idéalistes extrémistes d’une part qui placent l’homme au même rang des anges ; ceux-là lui ont prévu un certain niveau qu’il a été impuissant d’atteindre et les réalistes extrémistes d’autre part qui refoulent l’homme à un rang inférieur, celui des bêtes qui vivent pour leurs convoitises. L’Islam de son côté, conçoit l’homme en tant que raison et convoitise, si la raison l’a amené à connaître son Créateur, à contrôler sa convoitise suivant la méthode divine, à ce moment-là il s’élève à un niveau supérieur, celui des anges favoris ; par contre, s’il neutralise sa raison ou en abuse jusqu’au point d’oublier le secret de son existence, d’ignorer la Méthode de son Créateur, de se laisser guider par ses désirs et ses passions, il subit une défaillance d’ordre morale qui fait de lui une créature inférieure à une bête.

Dans la perception de la vie d’ici-bas:

1-L’Islam garde un juste milieu entre ceux qui considèrent la vie ici-bas en tant qu’une fin en soi, ils ont à cet effet, magnifié leurs convoitises et leurs intérêts matérialistes, en disant : [«Il n’y a pour nous [d’autre vie] que celle d’ici-bas; et nous ne serons pas ressuscités»]. Al-An’Am (Les Bestiaux) : 29 ; et ceux qui ont considéré que leur existence dans cette vie est un malheur, en vertu de quoi ils se sont retirés de la vie en se privant de ses parures licites.
L’Islam quant à lui, considère que les deux vies se complètent, au sens que la première sert de monture à la seconde.
2- L’Islam établit un équilibre entre le spiritualisme et le matérialisme, il est intercalé entre ces deux notions, entre la religion et la vie, entre les valeurs et les exigences, entre l’instinct et la raison, entre la convoitise et le principe. L’homme qui renonce au monde, se retire de la vie, se consacre aux cultes, se voue au célibat et ne travaille pas, vit dans la privation et ne profite pas des plaisirs, renonce à se marier, s’engage sans répit à l’adoration, passe la nuit à accomplir la Salât et le jour à jeûner, se désintéresse de la vie, se suffit de manger du pain d’orge, de se vêtir de vêtements rapiécés, n’est point cet homme qu’Allah, exalté soit-Il, désire voir ; de même Alalh, exalté soit-Il, ne désire pas non plus voir un homme tel que le propriétaire des deux jardins qui s’enorgueillit et se prévaut dans sa vanité en raison de la fortune qu’il possède en disant :

(Je possède plus de biens que toi, et je suis plus puissant que toi grâce à mon clan»)

[Al-Kahf (La Caverne) : 34]

ainsi que son eau a tari en raison de quelque calamité qu’Allah, exalté soit-Il, a envoyée du ciel.
Allah, exalté soit-Il, n’apprécie pas non plus un homme tel que Coré [Karoūn] auquel Il, exalté soit-Il, a donné des trésors dont les clefs pesaient lourd à toute une bande de gens forts, Coré s’est montré arrogant vis-à-vis de son peuple, s’est vanté de sa fortune en s’appropriant le mérite de ses biens :

(Il dit : «C’est par une science que je possède que ceci m’est venu»)

[Al-Qasas (Le Récit) : 81]

Allah, exalté soit-Il, a donné l’ordre à la terre de l’engloutir, lui et sa maison.
Le véritable homme n’est ni celui-ci ni celui-là.
L’homme dans la perspective de l’Islam est une créature qui possède une nature binaire, formée d’une poignée d’argile provenant de la terre et un souffle de Son Esprit ; Allah, exalté soit-Il, dit :

(Quand ton Seigneur dit aux Anges: «Je vais créer d’argile un être humain)

[Sād]

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Par sa nature argileuse matérielle, l’homme est capable de parcourir la terre, de la construire, d’y découvrir les trésors et les grâces qu’Allah, exalté soit-Il, a donné l’ordre de déposer, de les assujettir à son profit et de parvenir aux plus hauts grades par sa mission. De même, par sa composition spirituelle, l’homme est préparé à s’élever à un horizon supérieur, à aspirer à un monde plus enchanteur, et à œuvrer pour mener une vie meilleure et permanente. Au lieu de se laisser faire, le Musulman asservit la matière à son propre intérêt, tire profit des trésors et des ressources de la terre sans pour autant se laisser dominer.
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Le Prophète (BPSL) mangeait des délices de cette vie ici-bas et ne s’en privait pas ; toutefois, ces délices ne formaient pas le centre de ses occupations, ni le pivot de ses réflexions, il (BPSL) lui arrivait d’implorer Allah par ces paroles :



Ô Allah, fais que la vie ici-bas ne soit pas le plus grand de nos soucis, ni la fin de notre savoir.

Lorsqu’il arrivait au Prophète (BPSL) de noter quelque extravagance dans l’accomplissement des différents cultes de la part de ses compagnons au détriment de leur santé, de leurs familles, il leur faisait remarquer :

Sachez que vous avez des obligations vis-à-vis d’Allah, que vous avez des obligations envers votre propre personne, que vous avez des obligations à l’égard de votre famille ; Rendez à chacun son dû.

[Hadith rapporté par al-Bokhari d’après Salman]

Le Prophète (BPSL) disait :

Sachez que la crainte que j’éprouve envers Allah et la dévotion que je rends à Allah dépassent les vôtres de loin, cependant, je jeûne et j’interromps mon jeûne, je passe une partie de la nuit à accomplir la Salât et l’autre partie à dormir et j’épouse les femmes ; telle est ma tradition, celui qui refuse de la suivre ne fait pas partie de ma communauté.

[Hadith rapporté par al-Bokhari d’après Aïcha (Agrément d’Allah sur elle)]

Il arrivait souvent au Prophète (BPSL) de mettre ses compagnons en garde contre la vie ici-bas :

Par Allah, ce n’est pas l’indigence que je redoute pour vous, mais je crains que la vie ne vous fasse étalage des plaisirs comme elle l’a fait pour des communautés qui vous ont précédés, et que vous ne vous rivalisiez pour les acquérir comme ils l’ont fait, ce qui est susceptible de provoquer votre perdition tout comme elle a provoqué la leur.

[Hadith rapporté par ibn Majah d’après Misswar ibn Makhramah]

À travers les différents hadiths du Prophète (BPSL) il serait bénéficiaire de signaler à ce niveau que le fait de faire preuve de bienfaisance à l’égard de ses parents compense la lutte dans le sentier d’Allah ; que les devoirs que l’épouse remplit envers son conjoint équivaut à la lutte dans le sentier d’Allah ; que l’éducation vertueuse des enfants et plus particulièrement celle des filles conduit à la Djannah. À savoir que la rétribution de tous ces actes ne s’interrompt pas à la mort de la personne qui les a accomplis. Plus même, le travail qu’accomplit le Musulman pour subvenir à ses besoins vitaux ainsi qu’à ceux des siens, s’il vise par ce travail servir les Musulmans, s’il ne néglige pas un culte ou une adoration en réalisant ce travail, s’il ne délaisse pas l’acquisition d’un savoir, le travail de ce Musulman sera une des formes d’adoration qui l’aidera à obtenir l’agrément d’Allah.

Dans les lois qui président l’individualisme et le collectivisme:

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C’est au sein de l’Islam que se retrouvent l’individualisme et le collectivisme dans une pondération magnifique, où s’équilibrent la liberté de l’individu avec l’intérêt de la collectivité, les droits et les obligations, où se répartissent les profits et les charges suivant une balance équitable. Le législateur dans l’Islam est Le Créateur de l’homme. Il est donc impensable que le Créateur Sage légifère des jugements et des lois susceptibles d’entraver l’instinct de l’homme ou d’aller à son encontre. Allah, exalté soit-Il, a créé l’homme suivant une nature binaire, individuelle et collective. À savoir que l’individualisme constitue une partie originaire dans la nature de l’homme, en raison de quoi, l’homme apprécie son existence, le salut de son existence, la perfection de son existence et la perpétuité de son existence. Mais en dépit de cela, il possède un instinct inné qui le pousse à se trouver en société, ce qui explique le trouble qui le submerge et le déséquilibre qui le domine lorsqu’il choisit de s’éloigner de la société, ou qu’il se trouve emprisonné de force dans une cellule. Le système parfait c’est bien celui qui prend en considération les deux composantes de l’homme : l’individualisme et le collectivisme, de sorte qu’aucune de ces composantes ne prédomine au détriment de l’autre. Ceci dit, il n’est donc pas étonnant de constater que l’Islam qui est la religion de l’instinct, soit un système pondéré, équitable, qui ne fait pas de tort à l’individu en faveur de la société, et qui ne fait pas preuve d’injustice à la société en faveur de l’individu. L’Islam ne gâte pas non plus l’individu en lui octroyant des droits innombrables, ni ne l’accable à force d’obligations, mais il l’en charge dans la mesure du possible, sans lui causer de peines.
Par sa pondération, l’Islam fournit à l’homme des droits qui font équilibre avec ses obligations, répondent à ses exigences, lui préservent sa dignité et entretiennent son humanité. À cet effet, et par égard de l’aspect individuel de l’homme, l’Islam décide le respect du sang, garantissant à l’individu son droit à la vie ; le Coran dit à ce propos :

(…quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes…)

[Al-Mā’idah (La Table Servie) : 32]

En raison de quoi, la Loi Divine impose le châtiment contre le meurtre, tout en assurant que cette correction garantisse la préservation de la vie de l’individu et de la société.
L’islam préserve à l’homme la liberté de la croyance, il est prohibé de forcer une personne à renoncer à sa religion et à en embrasser une autre.
L’islam préserve l’inviolabilité de l’honneur, il impose le respect de la réputation de l’homme ainsi que son droit à la dignité, au sens qu’on ne doit pas lui porter préjudice en sa présence ni lui faire du tort en son absence.
L’Islam affirme le respect des biens d’autrui, il préserve le droit de possession à l’individu, personne n’est en droit de s’emparer des biens d’autrui à moins que ce ne soit de plein gré.
L’Islam a préservé à l’individu son droit à l’indépendance personnelle, personne n’est autorisé à forcer sa porte sans sa permission.
L’Islam a affirmé la liberté du critique constructif et fidèle.
L’Islam confirme la responsabilité de l’individu qui découle de la charge, de la liberté du gain et qui entraîne une rétribution inéluctable.
Chers frères, par égard du côté social de l’homme, l’Islam lui a imposé des obligations et des droits qui s’équilibrent harmonieusement, tout en imposant des limites à ces droits et à ces obligations individuelles de sorte qu’ils soient dans les limites des intérêts de la société, et qu’ils n’impliquent aucun préjudice à autrui ; l’individu dans la société musulmane n’a pas à bénéficier d’un droit quelconque au détriment de la société ; de même, lorsque le droit de l’individu s’oppose aux droits de la collectivité, à ce moment-là le droit de la collectivité doit prévaloir.

Et louange à Allah Seigneur de l’univers

Traduction: Nermine Omari
Vérification : Alaa Abouzrar